
Cartes d'électeurs en souffrance
A la veille du scrutin, près de 500 000 cartes d’électeurs attendent leur propriétaire dans les mairies de Dakar. Les observateurs de la mission de l’Union européenne soulignent un manque de transparence. Ce constat ne devrait pas cacher une réalité au Sénégal, le désintérêt des jeunes pour la politique.
Vendredi après-midi dans le quartier de Fann Hock, il est difficile de rencontrer un passant qui sait où retirer sa carte d’électeur. Plusieurs jeunes croisés m’ont laissé sans réponse. C’est finalement un retraité, d’abord hésitant, qui me permet de comprendre : « La cellule de distribution, qui était située jusqu’en 2011 dans le centre de la commune, a été délocalisé à Fass, un quartier situé à 45 minutes de marche à pied de Fann Hock. »
Au centre de Fass, seules trois femmes âgées attendent de recevoir leur carte. Pourtant, le président de la commission de distribution, Serigne Diagne, est formel : « Depuis hier, c’est le grand rush ! Les Sénégalais ont le syndrome de la dernière minute, ils attendent le dernier moment pour se bousculer ». Il m’explique qu’il y avait foule le matin même aux guichets de retrait, en précisant que le ministère chargé des élections a demandé à ce que les commissions de distribution restent ouvertes jusqu’à samedi 25 février à minuit.

Des électeurs qui viennent de recevoir leur carte
Comment expliquer ces bousculades de dernière minute alors que depuis plus de six mois, les radios et les télévisions diffusent en boucle des spots pour inciter les électeurs à aller chercher leur carte ?
A la sortie du centre de Fass, les réponses des jeunes ont toutes la même tonalité : « Les élections ne m’intéressent pas », « Les politiciens sont tous les mêmes », « Ils ne sont là que pour leur propre intérêt ».
Les cartes orphelines d’électeurs sont donc majoritairement celles des jeunes. Ceux qui, en 2007, date de la dernière élection présidentielle, n’avaient pas encore l’âge de voter. Cinq ans plus tard, ces jeunes électeurs ne s’intéressent pas encore à la politique. Le collectif Y’en a marre, rassemblant de jeunes rappeurs mobilisés contre un troisième mandat du président Wade, ont donné la fibre citoyenne à quelques-uns. Mais, finalement, la jeunesse sénégalaise semble très absente du combat politique.
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Il ya de cela quelque temps cet enfant ne pouvait pas s’approcher de si près de la voiture du président.N’est-ce p