Pour dénoncer les irrégularités : des hommes, des SMS et du "mapping"

L’un des principaux enjeux de cette journée de scrutin : s’assurer que le vote ne soit pas entaché de fraudes et d’irrégularités. Pour dénoncer d’éventuels abus, le Réseau des Observateurs Citoyens (RESOCIT) a lancé une initiative intéressante. Ce réseau, coordonné par le Gorée Institute et financé notamment par l’Union européenne et l’OSIWA (fondation de George Soros pour l’Afrique de l’ouest), a monté un ingénieux système d’alerte basé sur le SMS et un système de "mapping" (visualisation sur une carte) des infractions. Un système reposant sur la technologie open source Ushahidi, déjà déjà utilisée dans le cadre de nombreux autres projets de monitoring.

Le site de "mapping" des infractions

RESOCIT a plus de 1500 observateurs, issus de la société civile, répartis dans les bureaux de vote du Sénégal. Dès de que l’un d’entre-eux repère une infraction (violence, intimidation, achat de conscience, etc), il envoie un SMS à un numéro spécial. Son message entre alors automatiquement dans une base de données et apparaît sur une carte. Cette carte est suivie en temps réel par une équipe basée à l’hôtel Radisson à Dakar.

L'équipe de RESOCIT installée à l'hôtel Radisson

Ces données sont ensuite compilées et transférées aux autorités sénégalaises.Pour l’instant, le site de visualisation des infractions n’est pas accessible au public ou aux journalistes. Les responsables de RESOCIT expliquent qu’ils souhaitent d’abord donner une chance aux autorités de régler les problèmes repérés avant dénoncer les infractions dans les médias.

Il existe une version grand public de ce système de mapping. Sur le site Sama Baat, également basé sur la technologie Ushahidi, les citoyens sénégalais sont invités à dénoncer eux-mêmes les infractions. Et la carte de visualisation est accessible à tous.

 

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